LA MARE À KOPARA
Sur
les atolls, se développe un biotope marin
extraordinaire, la mare à kopara. L'eau saumâtre de
ces lagunes est renouvelée par les tempêtes qui
inondent régulièrement ces terres coralliennes basses.
La mare à kopara est un laboratoire marin tout à fait
unique dans lequel se réfugie le Chanos chanos, poisson
lait capable de survivre dans ce milieu très pauvre en
oxygène pendant des mois, en broutant les
microorganismes se développant au fond de ces lagunes.
Malheureusement, ces mares servent de plus en plus,
comme les passes, de... dépotoirs.
L'ÉPAVE
Quand
on n'en veut pas (l'Erika en Bretagne) on en a ; et des
polluantes. Quand on en réclame (dans les zones
touristiques), les pouvoirs publics n'en comprennent pas
l'intérêt biologique pour une foule d'animaux, du
petit nudibranche aux loches géantes. Dans les secteurs
sablonneux, elles permettent pourtant de créer de véritables
oasis de vie, à condition de prendre quelques précautions
avant leur immersion, à commencer par le retrait des
hydrocarbures qu'elles peuvent contenir à fond de cale.
LA GROTTE
Depuis
Platon, on en connaît les mérites. Sous l'eau, ces
"caves" naturelles sont de véritables refuges
pour des espèces qui seraient trop menacées en zone découverte
(cigales de mer, crevettes, langoustes, etc.).
Malheureusement, les grottes autrefois si riches en
faune sont de plus en plus braconnées, non pas en apnée,
mais bel et bien en scaphandre autonome. Une lampe
frontale, un sac à coprah, une paire de gants, et 20
kilos de crustacés sont ramassés en quelques minutes,
au mépris des règlements et de la vie.
LA
FAILLE
Dans
un récif corallien, elle sert littéralement
d'ascenseur ; les coraux morts arrachés à la crête
sont entraînés par le fond dans ces failles, tandis
que les poissons et les crustacés (et même les
coquillages) s'en servent pour remonter vers la surface
la nuit et regagner des zones plus tranquilles la journée.
La faille, grâce à l'obscurité quasi permanente qui règne
en son sein, permet l'épanouissement de formes de vie
qui ne supportent pas les courants des tombants trop
exposés : elles sont le royaume des magnifiques coraux
mous, qu'un coup de palme peut détruire...
LE
"HOA"
Le
"hoa", sur les îles coralliennes, est une
fausse passe, impraticable pour une embarcation, mais
qui permet la circulation de l'eau entre l'océan et le
lagon. Ce véritable système d'irrigation des lagons
est malheureusement très fragile : de nombreux animaux
se servent en effet de ces "hoa" peu profonds
(50cm à 1 m en règle générale à marée haute) pour
circuler entre la mer et le lagon, mais les populations
de plus en plus nombreuses le savent bien et prélèvent
des parts trop importantes dans les stocks animaux en
transit.
LE
RÉCIF FRANGEANT
Lorsqu'une
île volcanique émerge, les premiers organismes
à venir se fixer sur son pourtour sont les coraux, qui
construisent, au fil des millénaires, un véritable
trottoir de calcaire autour de l'île, riche en cavités,
anfractuosités et autres caches favorables à une
explosion de la vie (petits poissons, mollusques,
coquillages). Malheureusement, les rejets d'eaux usées
détruisent ces récifs frangeants que, parfois, les
promoteurs n'hésitent pas à dynamiter, pour faire
place à des plages de sable artificielles.
LA FERME PERLIÈRE
La
ferme perlière est un monde artificiel, fait de
silence, de calme et de propreté. Elle représente le
mariage intelligent de l'être humain et de la nature,
car si le premier agresse ou pollue la seconde, c'est
toute sa richesse (sa récolte de perles) qu'il perdra.
Même un simple anti-fouling sur une coque de bateau
peut détruire les bancs de nacres qui demandent, après
la greffe d'un petit noyau (le nucleus), plus de deux
ans pour produire une perle. La preuve que l'homme et la
mer peuvent s'entendre, au bénéfice des deux !
LE
BLEU DU LARGE
|