L’histoire de Pitcairn est étroitement liée à celle des révoltés
du Bounty. Les plus célèbres mutins de l’histoire de
la marine ont terminé leur fuite en avant sur ce bout de
terre très difficile d’accès et perdu dans le
Pacifique. Les descendants de ces marins et des quelques
Polynésiens embarqués sur le Bounty continuent de vivre
avec ce lourd héritage.
Plus
de 200 ans après, l’animosité qui avait animé les
marins et les habitants des lieux s’est totalement
estompée. Les problèmes raciaux n’existent plus et la
quarantaine d’habitants qui peuple l’île de Pitcairn
donne une vraie leçon de vie en communauté. L’île qui
est toujours sous royauté Britannique, s’étire sur une
distance approximative de 9 km de long sur 5 km de large,
mais cette petite superficie n’empêche pas ces hommes
et femmes à vivre en totale symbiose. N’étant pas équipée
d’aérodrome, le seul point d’accès de l’île est
un petit débarcadère à l’accès très périlleux car
très étroit qui ne peut accueillir que de toutes petites
embarcations. Les habitants utilisent des baleinières de
haute mer qui leur servent à pécher et à se déplacer
sur les îles environnantes. Mais trois fois par an,
lorsque le bateau ravitailleur en provenance de la
Nouvelle-Zélande arrive près des côtes de l’île, ces
baleinières font un va et vient incessant vers celui-ci
pour ramener les vivres sur le quai, car la taille
imposante du bateau ne lui permet pas de s’amarrer.
Pour
rejoindre l’unique ville de l’île qui porte le nom
d’Adams en hommage au sauveur de cette communauté, il
nous faut arpenter un petit chemin de terre tracé dans la
falaise. La végétation y est luxuriante et l’air sain.
Après avoir parcouru environ 50 mètres, les premières
maisons apparaissent, toute la population heureuse
d’avoir enfin un peu de visite nous sourit
affectueusement. A l’entrée de la ville se trouve la
coopérative ; cette bâtisse sert à stocker de
l’alimentation en surplus et divers articles pour
l’entretien de la ville.
Un
peu plus haut sur la gauche le centre névralgique de la
ville se découvre, car entouré d’une végétation
dense. En surélévation par rapport au chemin, il faut
gravir une petite côte bétonnée qui mène à une place
où l’ancre du Bounty ainsi qu’un de ses canons y sont
édifiés. Tout au tour de cette place, des bâtiments de
bois de couleur grise et blanche où sont installés un
secrétariat servant à faire les démarches
administratives nécessaires à tous les habitants
et une
bibliothèque.
Mais l’une des salles les plus importantes est celle de
la poste car elle est le seul moyen de communication avec
les familles et amis habitants aux États-Unis ou en
Nouvelle-Zélande. Elle leur fournit également leur première
ressource économique car la production de timbres à
l’effigie de l’île lui à permis d’être reconnue
par les plus grands philatélistes et permet de gagner
quelque 50 millions CFP par an.
La
deuxième ressource économique est la confection de
sculptures et divers objets que les insulaires arrivent à
vendre aux bateaux de passage. Près de la poste se trouve
la salle publique qui est une sorte de petit musée où
sont exposés les divers présents du gouvernement anglais
mais aussi des bateaux ayant fait escale.
Sur
cette même place se trouve l’église adventiste du
septième jour, qui organise le rythme socio-éducatif de
la totalité des habitants. Ses paroissiens reçoivent,
chaque Samedi après la messe, un petit programme déterminant
l’emploi du temps de chacun. Le pasteur me confie que la
messe se pratique de façon très naturelle et que ses
paroissiens ont un vrai don pour célébrer dieu en
dansant ou en chantant. A l’intérieur de cette église,
dans un coffre en bois, est enfermée la bible du Bounty
ainsi que quelques accessoires ; c’est d’ailleurs
les seuls écrits qu’ils aient pu garder de leur ancêtres.
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