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La
musique et la danse
Les
heiva (les fêtes) du Tahiti pré-européen étaient fréquents.
Excités
par le jeu, les Polynésiens pratiquaient plusieurs
activités sportives car le divertissement était leur
occupation majeure.
Surfeurs,
ils organisaient aussi des courses de pirogues, des matchs
de lutte ou de boxe, le lancer du javelot et le tir à
l'arc. Mais
aucune de ces activités aussi excitantes qu'elles fussent
ne valait la danse pour les Tahitiens.
La
danse était directement liée à tous les événements de
la vie d'autrefois. On
dansait pour manifester sa joie mais aussi pour accueillir
un visiteur, implorer ses dieux, défier un ennemi,
triompher dans une compétition ou accompagner les grandes
assemblées solennelles des marae.
Tout
le monde pouvait danser, hommes, femmes, enfants et même
une personne noble à condition que sa prestation soit à
la hauteur de son rang.
Des danses de travestis étaient acceptées dans le
sens hommes jouant des rôles de femmes, jamais l'inverse. Le
otea est alors une danse d'hommes et le upa
upa est dansé par un couple.
Certaines
danses n'étaient exécutées que la nuit et d'autres
demandaient des participants entièrement nus.
Les
arioi, nous
l'avons vu, étaient ce que nous pourrions appeler
aujourd'hui des professionnels de la danse.
Cette confrérie se déplaçait à la demande des
districts ou des îles voisines.
Leur prestation comportait des danses érotiques
qui devaient choquer les premiers Européens qui en furent
les spectateurs. Les
missionnaires protestants y virent des spectacles
parfaitement "immoraux" et "démoniaques". En 1820, le Code des
Iles sous le vent précise
dans son article 23, entre l'interdiction du tatouage et
celle du port de couronnes de fleurs au temple, que "toutes
chansons, jeux
ou divertissements lascifs sont strictement défendus" Ainsi la danse et les chants traditionnels
disparaissent tout au long du XIX siècle. Les
himene vont prendre le relais des chants païens.
Au
début du XX' siècle la danse reviendra dans le heiva
du 14 juillet, mais avec des vêtements
"mission" à manches longues ! Puis, peu à peu, le
more s'imposera et le buste nu
fera son apparition et sera accepté.
Les
instruments de
musique sont très simples. Leur nombre se compose de plusieurs instruments à
percussion et de deux instruments à vent.
Les
instruments à cordes si répandus aujourd'hui, seraient
venus d'Hawaii où les Espagnols les auraient fait connaître
au XVIIIe siècle.
Le
pu, conque marine faite d'un gros murex (charonia
tritonis), servait pour appeler aux cérémonies sur
les marae ou
annoncer des nouvelles importantes. Le vivo est une
flûte nasale, taillée dans un
morceau de bambou, elle est souvent décorée de motifs
pyrogravés. Elle
servait surtout d'accompagnement lors des danses et des
chants mais l'on pouvait aussi en jouer pour le simple
plaisir.
Les
tambours, pahu, généralement creusés dans un tronc
d'arbre, sont de diverses formes et tailles. La membrane tendue au moyen de cordes tressées,
est en peau de requin ou de chien. Ce sont des instruments de rythme utilisés aussi
bien dans les rituels religieux que pendant des festivités.
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