TAHITI INFORMATIONS | GASTRONOMIE | FESTIVALS | FORUM | WEBCAM | PROGRAMME TV
Version Française  

 Tourisme


Plongée
Cartes Touristiques
Informations utiles
Loisirs
Guide des îles
Où se loger
   chez l'habitant
Restaurants
Villes et villages
Cocktails Tahitiens
Festivals
Horaires d'avions
Horaires des ferry
Bars
Cuisine Tahitienne
Flore Tahitienne
Les trucks
Les roulottes


 Identité

Musique
Livres
Langue
Patrimoine
Artisanat
Histoire
Légendes
Vie Maritime
Art
Le Tatouage
Philatélie
Le Marae

 Galerie

Vahine
Collection de photos
Paysages

 Portraits

Paul Gauguin
Culture

Les Polynésiens

 Économie

Vanille Tahitienne
Les Perles Noires

Fruits & Légumes
Pêche
Investissements et Loi Flosse 

 Recherches

Evénements importants:

 

 

Vie maritime autrefois

UN APERCU DE LA VIE MARITIME AUX TEMPS  ANCIENS

Vie maritime moderne

Polynésiens, s'oppose aux possibilités de celle des latitudes Nord. Ce qui paraissait donc impossible pour la culture européenne devenait plausible. Caractérisé par de longues suites d'étoiles, le ciel équatorial permettait au marin d'associer une constellation à l'île qu'il voulait atteindre. Il faut donc en conclure qu'il connaissait cette Île, d'où la théorie de l'aller-retour.

Un premier voyage d'exploration était effectué pour découvrir une île sur laquelle une installation serait possible, puis, sa direction par rapport aux étoiles mémorisée, on retournait chercher familles, animaux et plantes pour tenter la colonisation. Ces voyages ont pu durer plusieurs siècles, les techniques de construction des pirogues et les moyens de constituer des réserves d'aliments se modifiant à mesure que les voyages devenaient plus longs.

Les essais de navigation effectués en 1976 depuis Hawaii jusqu'à Tahiti par une pirogue double reconstituée, révèlent que ce type d'embarcation peut tenir une route en remontant au vent et être dirigé. Si ces pirogues n'avaient pu naviguer que sous le vent, ou à la dérive, il n'y aurait probablement pas eu de peuplement de la Polynésie avant l'arrivée des Européens.

Les étapes du peuplement dans le triangle polynésien. 

La chronologie des migrations est représentée par des couleurs différentes. Il est intéressant de noter que Tahiti aurait été peuplée a partir des Marquises, de deux à trois siècles après I’île de Paques.
Les deux derniers voyages, non-dates, restent discutés. (Selon J.D. Jennings 1979)

 

 

Les pirogues

La pirogue fut probablement l'objet oeuvré le plus essentiel de la culture polynésienne, car sans elle il n'y aurait pas eu de populations insulaires telles que nous les connaissons aujourd'hui.

La nature, la forme et la construction des embarcations qui ont permis aux migrants de voyager à travers le Pacifique, sont très mal connues.  On peut donc seulement supposer que les anciens naviguaient comme leurs descendants, sur des pirogues doubles ou à balancier.  En revanche dès la découverte de Tahiti en 1767, les Européens peuvent donner les premières descriptions des modèles qu'ils observent.  Tous ces voyageurs sont frappés de voir le rôle important joué par la pirogue dans la vie quotidienne des Tahitiens.

Outil indispensable pour la pêche, moyen impératif de transport entre les îles ou engin de guerre, ces embarcations réalisées avec les moyens de l'âge de pierre sont remarquables pour leurs principes de construction et leurs qualités nautiques.

On peut classer les pirogues anciennes suivant leur dessin et leur mode de propulsion: pirogues doubles à pagaie ou à voile et pirogues à balancier à pagaie ou à voile.

Des formes modernes, que les chaloupes des Européens inspirèrent, sont aussi représentées dans les figures qui suivront.

La petite pirogue simple à balancier et à pagaie, uaa, de 5 à 9 mètres, sert pour les petits déplacements et la pêche côtière.  La coque est creusée dans un seul tronc d'arbre (comme le tamanu) et le balancier est à gauche.

La pirogue à balancier et à voile, vaa motu, de 10 à 13 mètres, est utilisée pour la pêche et les petits voyages.  La coque est travaillée dans un ou deux troncs et au moins une rangée de bordés est ligaturée au-dessus des bords plats.  La traverse avant du balancier supporte une étroite plate-forme permettant à un homme de faire contrepoids si nécessaire.  Le type de voilure est différent suivant les archipels.

La pirogue double à voile, tipairua pour le transport et pahi pour le voyage.  Elle peut atteindre 25 mètres de long.  A une ou deux voiles ce "catamaran" est manoeuvré par 4 à 20 hommes suivant sa taille.  C'est le type de pirogue avec lequel on estime possible les grands voyages de découvertes.  Une soixantaine de passagers et leurs provisions pouvaient prendre place à bord.

La pirogue double à pagaie.  Outre la tira pour la pêche, on ne trouve que les pirogues de guerre dans cette catégorie.  La pahi tamai se divise en deux classes: celle à fond arrondi destinée uniquement à la guerre, et d'autres à fond en V pouvant être utilisées soit pour la guerre, soit pour voyager.  

 

Deux types d’écopes, indispensables pour vider les pirogues de l’eau qui pénétrait par les coutures des bordes. Iles de la Société et, a droite, Marquises

 

La construction des pirogues

La totalité des matériaux, de la charpente jusqu'aux voiles, en passant par les cordages, était d'origine végétale.

Les illustrations qui suivent ce texte expliquent la préparation et l'utilisation de ces matériaux pour les diverses parties d'une pirogue type.  En l'absence de métaux, le travail était réalisé au moyen d'outils en pierre, en bois, en coquillage, en os et en arêtes de poisson.

Les arbres que l'on évidait pour confectionner la coque ou parties de coque, devaient être grands et bien droits.  On ne peut aujourd'hui qu'imaginer ces pieds totalement disparus dans des tailles exploitables.  Le tamanu utilisé également pour les planches des bordés et les mâts, n'est pas très grand aujourd'hui et le tou est peu représenté.  Le aito, trop dur et trop lourd pour en faire des coques, le uru et le purau peu solide, sont parmi les bois utilisés dans les pirogues, ceux qui ont gardé sans doute leurs formes d'alors.  Le pandanus lui, est le seul arbre qui permet encore aujourd'hui, et de manière quotidienne, les mêmes utilisations qu'à l'époque.

La construction d'une grande pirogue confiée à des ouvriers spécialisés, jouissant d'un grand prestige social, était suivie par des grands prêtres, et l'entreprise était accompagnée tout au long du travail d'invocations aux dieux.  On édifiait un abri spécial pour la construction des coques et les divers assemblages, pendant qu'à côté étaient tressés ou cordés le gréement et la voilure.  Le finissage terminé, la pirogue recevait un nom et était consacrée à un dieu.

Le lancement du pahiétait fait en présence de toute la population du district et du roi.  Le chef constructeur invoquait l'aide des dieux pour l'opération et la pirogue, poussée par les artisans, avançait sur des rouleaux de cocotier jusqu'à la mer.  A l'occasion du lancement d'une pirogue sacrée, des corps d'ennemis étaient mis entre les rouleaux.

Une mise à l'eau était un événement exceptionnel qui donnait lieu à de grands festins et à d'interminables cérémonies.

Pirogue de guerre de Nuku Hiva. Il suffisait de retirer les deux plates-formes de combat pour transformer la pirogue en version voyage.
De 13 à 17 mètres et pouvant emporter une trentaine d’hommes
.

 

 

Pirogue double de voyage de Nuku Hiva. Jusqu'à 20 mètres

Construite a la manière des chaloupes, la vaka poti dont les bordes sont cloues a clins, dotée d’un gouvernail et de voile en toile, est le type même de la pirogue « métissée » après l’arrivée des Européens.
Pirogue double des Tuamotu du centre. Destinée aux grands voyages, elle mesure de 12 a 20 mètres suivant le type. Ses deux mats sont étayés et la coque secondaire servant de balancier est plus courte.

Le voyage

Sur les grandes pirogues de voyage, parcourir de longues distances souvent face aux alizés, gardait les Polynésiens plusieurs semaines ou quelques mois à la mer.
Leur vie à bord était donc réglée par diverses tâches, desquelles dépendait la survie du groupe.
L'étanchéité des coques au bordage cousu était si mauvaise que des hommes devaient jour et nuit écoper le catamaran pour que son poids n'augmente jamais.  Par calme plat l'équipage s'installait dans les flotteurs affin de maintenir* en pagayant la progression et le cap.  La voilure en nattes de pandanus souffrant beaucoup, l'entretien de ces tressages et de leurs attaches était quotidien.
Outre les plants d'arbres et les animaux reproducteurs que les voyageurs voulaient introduire sur leur nouvelle île, on amassait au départ des provisions d'aliments frais, desséchés ou stabilisés par diverses cuissons, telles des noix de coco fraîches ou sèches, des patates douces, du taro, des bananes, de la canne à sucre, des fruits d'arbre à pain en pâte, du pandanus et du poisson non pélagique séché.
Tandis que des pêcheurs assuraient le stock de poisson frais, d'autres cuisinaient au moyen d'un foyer maintenu allumé dans un bac de sable.  Certaines très grandes pirogues possédaient même de véritables fours où cuisaient plusieurs cochons.  L'eau douce était conditionnée dans des calebasses et bien entendu, le coco étanchait aussi la soif.
Nous l'avons vu, quelque éloignée que soit leur provenance, les émigrants transportaient avec eux les plantes et les animaux dont ils avaient l'usage.
Ces plantes, importantes pour leur alimentation, sont encore, pour la plupart, consommées aujourd'hui.

L'arbre à pain uru, le taro, l'igname ufi, la patate douce umara, la banane fei, la canne à sucre et le cocotier étaient ainsi distribués sur les îles au gré des déplacements, comme le furent le chien, le cochon et le poulet.
Avant l'arrivée du métal, les outils des horticulteurs et des pêcheurs étaient fabriqués dans le bois et les roches.  Les coquillages, après façonnage, devenaient une quantité d'objets, herminettes, gouges, pèle -fruits, peignes et hameçons.
Le feu était obtenu par friction et l'on cuisait les aliments à l'étouffée dans un four creusé dans le sol, chauffé par des pierres volcaniques et recouvert de végétaux et de terre.  Le ahimaa est encore pratiqué de nos jours.

Aux Tuamotu les insulaires, privés de tubercules, consommaient, outre le poisson, le fruit du pandanus et les oeufs d'oiseaux de mer.

Ajoutons que les Polynésiens n'avaient aucune boisson distillée et que le seul breuvage anesthésiant en usage était une boisson nommée kava, à base de racine (Piper methysticum) qu'on mâchait et faisait fermenter en la mélangeant à la salive.

La pêche.  Le prélèvement sur les ressources marines devait être autorisé par le chef riverain qui en échange, recevait une part des captures.  Il pouvait également organiser des pêches collectives à l'occasion de fêtes, ou interdire de pêcher afin de protéger certaines espèces ou de constituer des réserves avant un festin.

Les lignes, tressées par chaque pêcheur, étaient faites avec l'écorce d'un arbuste des vallées et, torsadées en trois brins, devenaient d'une grande finesse.

Les hameçons découpés généralement dans la nacre de l'huître perlière, étaient façonnés à l'aide de limes de corail.  Leurs formes variant suivant les poissons, les petits hameçons de nacre ou de coquillage étaient réservés à la pêche en eaux peu profondes.  On pêchait les gros poissons à partir du récif frangeant avec des hameçons en bois de grande taille, munis d'une pointe rapportée.

Une autre pêche, dont l'initiative revenait au chef de l'endroit, était pratiquée en haute mer à partir d'une pirogue double munie à l'avant d'une longue perche mobile.  Il s'agissait de la pêche au thon à l'appât vivant, dite "à la tira".

Pour la pêche à la bonite, on se servait d'une canne en bambou et d'une ligne courte à laquelle était accroché un leurre en nacre imitant la forme d'un petit poisson et terminé par des poils de cochons et une pointe.  Ce principe d'hameçon est encore utilisé aujourd'hui.

Les filets également tressés au moyen de fibres d'écorce, étaient répandus dans toute la Polynésie.

Autre procédé encore utilisable aujourd'hui, l'engourdissement du poisson par l'emploi de racines ou d'amandes broyées (hutu en tahitien), que le pêcheur agite devant les trous.  Le poison, non dangereux pour l'homme, engourdit les poissons qui se laissent aisément harponner.

La tortue enfin, se distinguait des autres proies par le caractère sacré qu'on lui accordait, et ce mets "royal" ne pouvait être touché par les femmes.  Aux Tuamotu, lors des cérémonies au marae, le reptile marin était offert aux esprits des ancêtres avant d'être consommé par les anciens.  La carapace et le plastron de la tortue servaient également de matériau pour confectionner divers outils ou ornements.