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LA
MAGIE DES COULEURS
En
reo maohi (langue tahitienne), tifaifai signifie raccommoder.
Les premiers missionnaires européens, à partir de la fin du 18ème
siècle, ont apporté avec eux les tissus, inconnus jusqu’alors en Polynésie.
Mais la matière restait rare et même les chutes étaient précieuses.
Pour les utiliser, les Polynésiennes ont appris le patchwork qu’elles
ont adapté à leurs besoins et à leurs goûts.
Le
résultat était assez réussi et la technique s’est peu à peu améliorée.
On ne se contenta plus de chutes. Avec le développement du commerce et
des importations, on put désormais choisir sa matière (du drap de coton)
et ses couleurs. Le tifaifai, couvre-lit ou coussin, est alors
devenu une pièce maîtresse de la décoration intérieure polynésienne.
Travail
de femme, le tifaifai s’est surtout répandu à Tahiti. On le
rencontre également aux îles sous le Vent et, plus récemment, aux
Tuamotu.
Il
existe deux principaux types de tifaifai :
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Le
tifaifai en mosaïque forme comme à l’origine de petits
morceaux d’étoffe cousus ensemble pour constituer des motifs généralement
géométriques (croix, losanges, étoiles, rose des vents, etc.).
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Le
tifaifai en appliques
(paoti) plus typiquement tahitien. Sa fabrication s’effectue en
quater étapes (voir ci-après).
Les
tifaifai mesurent généralement 3 m sur 2,5m. Il faut entre un et
quatre mois pour les fabriquer. Leur prix varie de 30 000 a 120 000 Fcfp
selon la qualité et le travail.
ETAPES
DE FABRICATIONS
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DESSINER:
jusqu’en 1984, les tifaifai étaient presque exclusivement
inspirés par la nature. La couturière choisissait parmi une vingtaine
de motifs végétaux, ape (arum), aute (hibiscus), hei fara (pandanus),
maire (fougère), painapo (ananas), pitate (jasmin), uru (arbre à
pain), tiare Tahiti, rose etc. Ces motifs classiques sont reproduits
à l’aide de gabarits, ou parfois à main levée, sur des feuilles
de papier de la taille du quart du futur tifaifai.
Depuis 1984, avec le développement de l’artisanat dans un but
socio-économique, des motifs plus originaux, faisant appel à la créativité
des artisans, ont fait leur apparition. Les tifaifai
classiques restent néanmoins très prises.
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DÉCOUPER:
Apres avoir choisi deux pièces de drap de couleurs ou de tons différents,
la couturière les place bord à bord avant de plier en quatre le drap
supérieur sur lequel elle reporte le motif dessiné sur papier. Elle
procède ensuite à la découpe de tissu avant de le déplier obtenant
ainsi la reproduction de son motif décoratif aux quatre coins du drap.
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BÂTIR:
Le drap découpé est soigneusement appliqué sur l’autre drap et la
couturière fixe son tifaifai avec des épingles avant de le bâtir
à grands points.
Très souvent, par économie ou par goût de la couture, les amateurs
préfèrent acheter le tifaifai à ce stade de sa fabrication.
Il coûtera en effet trois ou quatre fois moins cher qu’un produit
entièrement terminé.
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COUDRE: C’est l’opération la plus longue et la plus délicate. La
machine sert parfois. Temps gagné et résultat plutôt satisfaisant
si la couturière est experte. Mais la finition est le plus souvent exécutée
à la main donnant ainsi toute sa valeur à un produit toujours
unique.
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