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Artisanat

LA TRADITION DES AUSTRALES

Depuis les années 60, avec l’exode insulaire vers Papeete et les migrations inter-archipels, le tressage (vannerie) s’est répandu dans toute la Polynésie. Il reste néanmoins une spécialité des îles Australes et plus particulièrement de Rimatara et Rurutu.

De mémoire de femme, on a toujours tressé aux Australes. Les fillettes commencent leur apprentissage vers l’âge de 9 ans. On leur apprend d’abord à rouler le pandanus, principale matière première de cette activité séculaire. Il s’agit du pandanus à feuilles longues (l’autre pandanus, à feuilles courtes, est uniquement utilisé pour la couverture des fare). Ces feuilles, d’une largeur d’une dizaine de centimètres et d’une longueur de deux mètres environ, sont débarrassées de leur nervure centrale puis grossièrement tressées ensemble pour un séchage de trois semaines à un mois. Elles sont d’abord pendues au toit de maisons ou dans les arbres avant d’être étalées sur le sol. Une fois séchées, les feuilles sont enroulées les unes sur les autres pour former des rouleaux de 40 cm de diamètre environ soit une cinquantaine de feuilles par rouleau. On estime à 2 500 le nombre de rouleaux de pandanus exportés chaque année de Rimatara vers Papeete.

Il faut environ deux ans pour qu’un pandanus puisse donner des feuilles utilisables en vannerie. Malgré ce rythme assez rapide, la matière première est nettement limitée et c’est un obstacle important au développement de cet artisanat.

Le rouleau de pandanus se négocie aux alentours de 750 Fcfp à Rimatara. Il vaut 1 300 Fcfp sur le quai du port de Papeete et 1 500 Fcfp au marché.

Pour certains articles, on tresse également les jeunes feuilles du cocotier (niau), le bambou local (ofe) ainsi qu’un mince roseau poussant exclusivement a Rapa, l’île la plus australe de la Polynésie Française.

Avec le développement de l’artisanat et du tourisme, la vannerie polynésienne a évolué vers une plus grande diversité d’articles. On trouve désormais des porte-monnaie, des étuis à cigarettes, des éventails, des bracelets, des sandales, des boucles d’oreille, etc. Néanmoins, les tapis (peue), les paniers et les chapeaux constituent encore l’essentiel de la production.

PEUE

Le peue « standard » est un rectangle de 2,5 par 2,3 m. D’autres dimensions sont disponibles sur commande. Il existe deux façons différentes de tresser les peue : Le tressage large et le tressage fin, celui-ci étant naturellement d’une qualité et d’une esthétique supérieure. Le travail se fait généralement en équipe de deux ou trois femmes. Il faudra une journée pour réaliser un peue de taille standard. Celui-ci vaudra 10 000 Fcfp sur place a Rimatara et 15 000 Fcfp a Papeete. On tresse également des peue ronds. C’est un peu plus long et délicat. Ils font generalement 1,5 m de diamètre et valent 5 000 Fcfp à Rimatara, 7 000 à Papeete.

PANIERS

Le nombre de modèles de paniers réalisés par les tresseuses polynésiennes est indéfini. Elles adorent reproduire en pandanus les sacs qu’elles voient ici où là. Le plus classique, le plus simple et le plus vendu reste néanmoins le "panier marché" qui sera fabriqué en moins d’une demi-heure au prix de 1 000 Fcfp. Un panier plus sophistiqué atteindra 5 000 Fcfp pour une demi-journée de travail.

 

 

CHAPEAUX

Aux temps anciens, tout le monde portait le canotier qui revient à la mode. Peu à peu, les modèles se sont diversifiés et l‘on voit désormais des chapeaux de toute sorte, parfois véritables oeuvres d’art.

Il faut à peu près trois jours pour réaliser un de ces chapeaux. La première étape consiste à fabriquer des tresses. Il en faut une vingtaine de mètres (douze brassées selon le mode de mesure local). C’est le travail le plus long. Ces tresses sont ensuite cousues ensemble, à la machine. Un tel chapeau coûte de 2 500 a 3 500 Fcfp. S’il est fabriqué en niau ou en roseau de Rapa, le prix peut monter jusqu’à 10 000 ou 15 000 Fcfp. Des chapeaux plus simples, pour la vie quotidienne, sont tressés à la main directement sur gabarit. Ils ne coûtent que 1 500 à 2 500 Fcfp.