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Artisanat

LA PERLE DES TUAMOTU

Depuis la fin des années 80, la perle de culture de Tahiti est la principale ressource à l’exportation de la Polynésie Française. En 1995, le territoire a ainsi exporté environ 3 tonnes de perles. Ces magnifiques joyaux que sont les perles de Tahiti naissent dans une nacre à lèvres noires vivant dans les lagons polynésiens, pinctada margaritifera, désormais élevée en très grande quantité.

Les coquilles de nacre constituent une richesse relativement marginale par rapport aux perles. La Polynésie française exporte néanmoins aux alentours de 600 tonnes de nacre brutes chaque année notamment vers les pays asiatiques où elle sont transformées en boutons et autres accessoires. Pourtant, la disponibilité de cette matière première noble a suscité des vocations en Polynésie française avec le développement d’un artisanat de très grande qualité la gravure sur nacre.

En 1996, on estime à 50 le nombre de graveurs polynésiens vivant de cette activité soit au total 150 personnes à raison d’une moyenne de trois par entreprise. En l’absence de statistiques précises dans ce domaine, il est difficile de chiffrer la quantité annuelle de nacres gravées. Elle est estimée à 100 tonnes par les professionnels eux-mêmes.

Le principal problème des graveurs est l’approvisionnement. Ils ont un besoin régulier de nacres de grande qualité et calibrées, mais en quantité relativement faible. Or, les perliculteurs préfèrent souvent exporter en vrac. Les prix sont meilleurs (environ 5 dollars US le kg  presque 700 Fcfp  contre 350 Fcfp seulement en Polynésie) et les quantités beaucoup plus importantes. Les artisans souhaiteraient par conséquent une structuration du marché de manière à pouvoir sélectionner les meilleures nacres et les réserver à leur activité (qui a une incidence directe sur l’image du territoire, sur le niveau de son artisanat et le développement de son tourisme) et en finir ainsi avec leurs problèmes d’approvisionnement plutôt paradoxaux dans un contexte où la matière première est si abondante qu’elle est parfois tout simplement rejetée au lagon.

LES PHASES DU TRAVAIL DE LA NACRE

En Polynésie Française, la nacre est travaillée entière ou découpée pour la fabrication de bijoux (boucles d’oreilles et pendentifs notamment) ou d’accessoires (boucles de ceinture, porte-monnaie, boutons).

La première phase est le tri des nacres en fonction de leur qualité et de leur taille. Celle-ci est communément comprise entre 10 et 14 cm de diamètre (les nacres de plus grande taille sont plus rares et très recherchées). La nacre est ensuite décapée et subit un premier polissage. C‘est alors qu’elle peut être gravée. Les motifs sont ceux de la tradition polynésienne (marquisienne en particulier) ou inspirés par l’environnement naturel. La dernière phase du processus est la plus longe. C’est un ponçage à l’eau effectué à la main permettant d’obtenir un brillant parfait.

Les produits finis sont vendus dans les boutiques, à Papeete et dans les îles touristiques, sur les expositions et foires, un peu à l’export. Le prix de détail d’une nacre gravée varie entre 1500 et 7000 Fcfp.

BIJOUX
LE TEMPS DE LA FANTAISIE

Aux temps anciens les Polynésiennes portaient souvent des bijoux. Mais, à quelques exceptions près (il existe aux îles Marquises une bijouterie traditionnelle très fine à base d’os, de dents d’animaux, etc.), ces objets étaient généralement peu travaillés. On utilisait ainsi des nacres brutes, entières ou des plumes colorées.

La bijouterie fantaisie locale est née dans les années 50 et 60. On a alors commencé a travailler les matières premières locales (nacre, coquillages, fibre de coco, pandanus, bois) auxquelles on a marié des matières importées comme le raphia, le corail, le coton et certains coquillages introuvables en Polynésie française. La perle de Tahiti est venue depuis les années 80 compléter ce choix.

Naguère, la faveur des bijoutiers allait tout spécialement aux colliers et aux boucles d’oreilles. A présent, la gamme s’est enrichie et l’on trouve également des bagues, des bracelets ou même des ornements de pieds ainsi que de nombreux accessoires vestimentaires.

Une dizaine de bijoutiers fantaisie font actuellement un travail sérieux en Polynésie française.