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L'arbre à pain  

Le uru est certainement le fruit le plus représentatif de l'alimentation polynésienne pré européenne.
Sa renommée dans toutes les colonies anglaises se répandit rapidement après les voyages de Cook et beaucoup de planteurs virent dans cet arbre providentiel le moyen de nourrir leurs esclaves à peu de frais.  La célèbre aventure des mutins du Bounty est liée à l'arbre à pain que le lieutenant Bligh fut chargé de transporter de Tahiti aux Antilles.
Le nom de maiore est aussi parfois employé.  Il vient de l'époque où le nom d'un roi ne pouvait être prononcé parce que tapu.  L'un de ces grands chefs choisit uru et il fallut trouver une autre désignation pour l'arbre à pain.
Dans de bonnes conditions, un pied produira 3 fois par an pendant une cinquantaine d'années.  Les guérisseurs se servaient, et se servent toujours, du latex de l'écorce en emplâtres sur les fractures, foulures ou rhumatismes.  Autrefois cette glue servait à capturer les oiseaux.  Mais c'est surtout l'écorce des jeunes branches qui était utilisée pour la confection des tapa très clairs, et le tronc, pour creuser de petites pirogues simples.
Des procédés de conservation des fruits pouvaient éviter des famines ou permettre de longs voyages maritimes.  On préparait pour cela deux types de pâte: la popoi avec le uru cuit dans le ahimaa, et le mahi avec des fragments de pulpe que l'on cuisait après les avoir fait fermenter dans une fosse couverte de feuilles et de terre. 

Le Cocotier

La dominante de cet arbre dans le paysage tahitien est relativement récente puisque sa mise en place débuta il y a un siècle environ.  Auparavant, les cocotiers présents dans les zones habitées, étaient moins nombreux que l'arbre à pain. 

Symbole de vacances, doucement penché sur la plage blonde, le cocotier fut en fait l'arbre à tout faire des Polynésiens qui l'ont diffusé dans toutes les îles. 

Du haut de sa dernière palme jusqu'aux racines, toutes les parties du haari étaient utilisées brutes ou travaillées, dans tous les domaines de la vie. 

Comestibles d'abord, la noix et le cœur des jeunes feuilles représentent les parties nourricières du cocotier.  Le cœur très tendre se mange en salade et la noix dont on consomme aussi l'eau, donne, après pressage de l'amande râpée, le fameux lait de coco.  Les palmes, tressées, deviennent des nattes, des tuiles de toitures, des chapeaux, visières ou des paniers. Leurs nervures secondaires le niau, fines baguettes, servent de brochettes et de balais. La bourre qui recouvre la noix, dont la fibre est tressée ou cordée, servait à toutes les ligatures chez les anciens et reste aujourd'hui un lien végétal d'un très bel ocre, utilisée dans la décoration en général.  Le tronc est encore employé à l'occasion comme matériau de construction, son écorce et ses racines entrent dans la composition de médicaments. Enfin l'amande séchée produit de l'huile après pressage. Utilisée surtout en parfumerie, elle est la base du monoi et de certains savons. Il faut 20 cocos pour produire 3 litres d'huile.