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Pêche

Si depuis les grandes migrations le Polynésien a bien changé à l'égard de l'Océan, il a toujours développé d'étroits rapports avec ce milieu.  Surprenant l'étranger par sa souplesse devant les éléments, il a su s'intégrer au monde marin sans chercher à le dominer.
Les populations ont vécu des siècles en retirant de l'océan une part importante de leurs ressources alimentaires, utilitaires et ornementales.
De nos jours, seuls les pêches et les loisirs font se tourner les insulaires vers la mer.

La pêche à la bonite est la principale activité pratiquée en haute mer par les Polynésiens.  Leurs petits bateaux de fabrication locale sont aussi typiques de Tahiti que le fameux "truck'.  La bonite, véritable symbole de l'alimentation tahitienne, vit jusqu'à 300 mètres de profondeur et l'on estime que 1200 tonnes sont pêchées annuellement.

La pêche au thon est moins importante et ne concerne que le thon jaune pêché en surface par les bonitiers qui, à Papeete, en produisent 400 tonnes par an. Deux autres espèces de thons se rencontrent en Polynésie, le germon et le thon obèse.  Ce sont des flottilles asiatiques qui les exploitent selon des accords de pêche passés avec les autorités du Territoire.
Les autres pêches ne sont pas spécialisées et se pratiquent de façon très artisanale.
Retenons cependant la pêche aux Marara, poissons volants, utilisés comme appâts vivants et pour laquelle le bateau, conduit au manche à balai, est également caractéristique.  En bonnes périodes, les pêcheurs de ces embarcations capturent aussi le mahi mahi, daurade coryphène, très appréciée et pouvant atteindre de bons poids.  Le pêcheur occasionnel remonte encore des carangues, des barracudas ou de délicieux paru, grosses perches rouges à l'habitat profond.

La pêche sportive. Outre les gros thons, c’est l’espadon et le marlin que les sportifs recherchent pour le combat. Six espèces vivent dans les eaux locales dont trois sont devenues très rares : le voilier, le marlin rayé et le marlin noir. Le plus souvent pêché et de très grande taille, le marlin bleu peut atteindre la tonne mais les prises tahitiennes tournent autour de 400 kg.

Les requins. La Polynésie française n’est fréquentée que par peu d’espèces de requins potentiellement dangereuses et ces espèces sont faiblement représentées.
Le fameux requin blanc dont la mauvaise réputation n’est pas à faire, est absent de nos eaux, et le tigre, qui n'est pas rare, reste en profondeur pendant le jour.  Ce mao se rencontre plus facilement la nuit en eau peu profonde et dans les passes.
Le groupe le plus représenté ici est celui des requins gris, les Carcharhinus qui vont du timide à l'agressif tel le longimanus vivant plutôt loin des côtes.  Le requin citron, Negaption acutidens, que l'on désigne généralement comme redoutable, est assez rare, mesure jusqu'à 3 mètres et n'est pas agressif.  Au dire des Polynésiens, son comportement est timide mais deviendra très dangereux si on le dérange.  Notons enfin deux espèces de marteaux qui ne sont, en principe, pas à craindre et le requin baleine de 20 mètres de long au comportement indifférent.

Les cétacés. 24 espèces fréquentent plus ou moins régulièrement la zone polynésienne.
La solitaire baleine bleue et plusieurs autres groupes de cousines, des cachalots et des dauphins.
Les marsouins n'existent pas dans nos eaux tropicales et cette appellation souvent attribuée aux dauphins de Polynésie est certainement due à l'idée reçue que le dauphin doit être bleu et blanc.  En fait seulement deux des huit espèces ici présentes sont de cette couleur.  Ces mammifères qui se déplacent en bande, présentent aux navigateurs de véritables spectacles acrobatiques.